Mardi, les Américains se rendent aux urnes pour les midterms, les élections qui se situent entre deux élections présidentielles. Ils peuvent voter pour tous les sièges de la Chambre des représentants (435 au total) et 35 des 100 sièges du Sénat. En outre, des parlements régionaux, des gouverneurs et d’autres mandats sont élus dans 39 États et territoires. Des élections municipales sont également organisées dans de nombreuses villes, dont Austin, Los Angeles et Washington D.C.
Grosso modo, cela signifie que les candidats choisis par les électeurs lors des élections de mi-mandat du 8 novembre détermineront en grande partie si le président Joe Biden peut adopter de nouvelles politiques ou si les républicains auront la capacité de bloquer la plupart des choses qu’il veut faire.
Les démocrates disposent actuellement d’une courte majorité dans les deux chambres. Comme c’est le même parti que celui de Joe Biden, les conditions sont idéales pour faire passer des lois que le président signera. Ils ont d’ailleurs connu un certain succès récemment. Toutefois, les prédictions suggèrent que les démocrates vont probablement perdre la Chambre, tout en conservant le Sénat.
Avec un Sénat démocrate et une Chambre républicaine, il sera très difficile de faire voter de nouveaux projets de loi et d’approuver les budgets. Si les démocrates devaient perdre les deux chambres, ils devraient compter sur Biden pour opposer son veto aux projets de loi avec lesquels ils ne sont pas d’accord.
Une Chambre des représentants républicaine, un Sénat incertain
Des postes clés au niveau des États sont également en jeu dans des dizaines d’États, notamment ceux de gouverneur et de procureur général. Au moins 12 sièges de gouverneur pourraient tomber entre les mains d’un parti différent de celui d’aujourd’hui. Ceci est important pour une multitude de questions qui ne sont pas décidées au niveau fédéral. Comme l’avortement, la politique en matière de genre ou encore celle entourant les drogues.
Ces élections auront donc un impact énorme sur la direction politique que prendront les États-Unis au cours des deux prochaines années. Elles donneront aux électeurs l’occasion d’exprimer indirectement leur opinion sur la présidence de Biden et sur l’orientation politique actuelle du pays.
Selon les prévisions de FiveThirtyEight, les républicains remporteront assez facilement la Chambre des représentants. Les démocrates, selon ces projections, n’ont que 15% de chances d’y obtenir la majorité. C’est une tendance qui a été remarquablement constante au cours des dernières décennies, le parti du président ayant perdu des sièges à la Chambre des représentants lors de 17 des 19 élections de mi-mandat depuis la Seconde Guerre mondiale.
Pour le Sénat, cela s’annonce plus indécis. Le parti qui remportera deux des trois États les plus disputés est susceptible d’y remporter la majorité. Si le résultat est finalement de 50-50, c’est le parti qui compte actuellement le poste de vice-président dans ses rangs qui contrôlera le Sénat. En ce moment, ce sont les démocrates.
Pourquoi la question de l’avortement est importante
Selon les stratèges politiques, la décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler l’arrêt Roe v Wade a constitué un tournant important pour les démocrates dans leur campagne électorale de mi-mandat. Ils pensent que la menace de nouvelles restrictions de l’accès à l’avortement si les Républicains gagnent du pouvoir stimulera la participation électorale des Démocrates. Et dans au moins quatre États, les décisions sur le droit à l’avortement se retrouvent également littéralement sur le bulletin de vote.
Certains républicains ont déjà proposé d’envisager une interdiction nationale de l’avortement après 15 semaines de grossesse s’ils reprennent le contrôle du Congrès. Les jeunes (en particulier les jeunes femmes) s’inscrivent également pour voter à un taux nettement plus élevé dans les États où le droit à l’avortement est menacé.
D’autres problèmes ? Cela dépend de qui vous demandez
L’avortement n’est qu’une des questions qui préoccupent les électeurs américains. Gallup, qui a suivi les questions les plus importantes pour les électeurs au cours des derniers mois, constate que les questions économiques sont toujours en tête des priorités. Pour 38% des électeurs, c’est même ce qu’il y a de plus important. L’insatisfaction générale à l’égard du gouvernement arrive en deuxième position (22%). L’immigration figure aussi sur cette liste, même si c’est la question la plus importante pour à peine 6% des sondés. La violence liée aux armes à feu et le renforcement des lois qui l’entourent empêchent à peine 1% des électeurs de dormir.
Cela dit, l’importance de chaque question dépend de la personne que vous interrogez. Les électeurs républicains se disent surtout préoccupés par l’inflation, l’immigration et l’avortement (dans cet ordre). Les démocrates ont cité l’avortement, les audiences de la commission du 6 janvier et les soins de santé comme étant les problématiques les plus importantes.
Les diplômés blancs de l’enseignement supérieur soutiennent la politique de Biden, soutiennent les démocrates à deux contre un et sont les plus préoccupés par l’avortement, l’inflation et les audiences du 6 janvier. Les électeurs blancs sans formation universitaire, quant à eux, désapprouvent fortement Biden, soutiennent les républicains et s’inquiètent de l’inflation, de l’avortement et de l’immigration.
(OD)